Bordure
Bordure

Lucie mosca

La capitaine Shylot Likhun est une rescapée de la terrible guerre de la Bordure, revenue amochée et décorée pour défense de l’ordre planétaire. Enrôlée malgré elle à grand renfort de drogues, elle a passé quatre années de sa vie à se battre, multipliant les atrocités pour sauver sa peau dans une guerre qui n’était pas la sienne. Près d’une décennie après, si la guerre n’est plus, la violence et le chaos continuent de sourdre en elle. Installée sur la planète Concordia (où la méritocratie coule de beaux jours) Shylot s’est depuis reconvertie dans le commerce d’œuvres d’art. Enfin, en façade… Car ses activités sont beaucoup plus subversives que ça : dans le creux des sculptures qu’elle négocient transitent en réalité des microprocesseurs bourrés de data compromettantes ayant pour but de faire tomber les dirigeants qui sèment la mort dans la galaxie. Si un destin impitoyable semble jouer avec Shylot comme une marionnette, la jeune femme peut compter sur sa personnalité explosive et des compagnons de route redoutablement talentueux : l’églaine Ove, as des sauts dans l’hyperespace ; Epiotr Endev, jeune recrue hybride et un peu tête brûlée ; Ashange Do Mobafre, ami rezam de longue date sur lequel elle peut s’appuyer aveuglément. Alors qu’iels se lancent dans une mission standard, d’obscures milices leur tendent une embuscade, menaçant de les précipiter dans une infernale spirale de violence... « Bordure » est le premier roman de Lucie Mosca, et il a tout pour plaire ! En y dynamitant les codes du space opera traditionnel, elle l’inscrit dans notre époque en quête d’horizontalité et d’altérité bienveillante ; dehors donc colonialisme, patriotisme et patriarcat. A la manière de Li-Cam ou d’Audrey Pleynet, Lucie Mosca fait feu de tout bois avec ce roman engagé et enragé, bouleversant et au rythme décapant, dans un univers riche et vraiment enthousiasmant : xénobiologie, voyages interstellaires, technologie cyberpunk, capitalisme mortifère, scènes de batailles spectaculaires, et surtout de magnifiques personnages à la psychologie complexe. Vous ne voudrez plus le lâcher, encore moins le terminer. « Bordure » est une prouesse.
Violette la vosgienne fait sa premiere transhumance
Violette la vosgienne fait sa premiere transhumance

Gladys demurge

Après nous avoir émerveillés dans la forêt blanche, Violette s’apprête à vivre une toute nouvelle aventure : sa première transhumance. Mais ce n’est pas facile pour la jeune Vosgienne, si petite et si curieuse, de suivre les grandes, sans s’arrêter en chemin. Fleurs sauvages, papillons, abeilles, chamois et oiseaux surprenants : la montagne regorge de merveilles... Un album tendre et lumineux sur le plaisir d’observer, la persévérance, l’amitié et le respect de la nature, dans les décors magnifiques du Massif Vosgien
Celui qui voulait toujours se promener dans la forêt
Celui qui voulait toujours se promener dans la forêt

Alexis jenni

SPLENDIDE ! La vie de John Muir, cet homme qui décida de vivre en vagabond à travers l'Amérique, pour que chaque jour soit un émerveillement face à la beauté du dehors.
Les invisibles
Les invisibles

R.j. ellory

Du grand art !
Isolation
Isolation

Greg egan

Si Greg Egan est surtout connu et reconnu pour ses nouvelles - que je ne boude pas mais face auxquelles je reste un peu de marbre - et les concepts scientifiques ardus qu’il aime décrypter, c’est avec son premier roman, découvert en 2024, que j’ai vraiment découvert la force narrative de cet écrivain australien. Et j’ai pris deux claques ! De quoi ça parle? Nick Stavrianos avait huit ans quand les étoiles se sont éteintes – le 5 novembre 2034, il y a trente ans. Depuis, le Système solaire est confiné au sein d’une sphère titanesque le coupant du reste de l’univers : la Bulle. Après la sidération initiale, l’humanité, résiliente, a repris sa marche en avant malgré l’incommensurable artefact. Et si l’astronomie n’est plus désormais qu’un souvenir, la science a connu d’énormes avancées du côté des implants cérébraux. Aujourd’hui détective privé, Nick Stavrianos est missionné pour découvrir comment une femme, plongée dans un coma végétatif depuis des décennies, est parvenue à quitter sa chambre d’hôpital, fermée et surveillée, avant d’y revenir. Une énigme dont la réponse semble se trouver au cœur des rues sombres de la Nouvelle Hong Kong, enclave australienne devenue le paradis des entreprises de biotechs. C’est alors que Stavrianos est enlevé par l’Ensemble, une organisation dont il découvre bientôt qu’elle mène des recherches destinées à élucider le plus singulier des mystères, celui de la Bulle… et que lui-même pourrait bien avoir un rôle à jouer dans tout cela. ???? Qui est donc Nick Stavrianos ? C’est là tout le sel de ce thriller implacable ! Préparez-vous à un pur vertige science-fictif, de ceux qui donne de délicieux frissons, de ceux qui rendent accro ! A la lecture de son tout premier roman - initialement publié dans la collection Lunes d’Encre en 2000 et réédité début 2024 par Le Bélial’ - on comprend aisément pourquoi Greg Egan, cet écrivain prolifique, génial et si secret, est considéré comme l’un des pontes de la hard-SF contemporaine !
Le livre de sève
Le livre de sève

Charlotte monsarrat

Au cœur d’un Roncier géant, un élevage d’humains, sans noms ni mots pour exister. Au cœur de cette geôle d’épines, deux sœurs grandissent, Duramen et Sève, qui vont tenter d’échapper à cette ignoble condition de bétail. Mais Duramen reste prisonnière, et Sève se retrouve livrée à elle-même, face à une liberté à dompter. Et cette promesse de venir chercher sa soeur. « Le livre de sève » de Charlotte Monsarrat est un récit époustouflant, sur la puissance du langage comme clef de la liberté et l’importance fondamentale des histoires, qui tissent nos vies. Un très grand premier roman publié par Le Tripode.
Eversion
Eversion

Alastair reynolds

Début XIXe siècle. Quelque part aux abords de la Norvège, l’équipage du Déméter navigue vers une étroite brèche localisée dans la banquise. Bien cachée derrière ses hautes falaises, sur les rives d’un lagon aux eaux calmes, aurait été aperçue une effrayante citadelle aux murs sombres et démesurés, dont la construction ne pourrait vraisemblablement pas être humaine... Et que dire de son architecture arrogante aux lignes ondoyantes qui bouleverse les sens des matelots et semble mépriser les lois de la géométrie ? Alors que l’équipage s’en approche, le médecin Silas Coade tombe sur un avertissement griffonné à la hâte au pied de ce monstrueux Édifice. Et tout commence peu à peu à chavirer... Quel roman prodigieux ! Alastair Reynolds rivalise d’astuce pour dissimuler les rouages de son intrigue jusqu’à un dénouement proprement vertigineux ! Eversion se montre tour à tour surprenant, haletant, parfois terrifiant et surtout génialement protéiforme. On ne fait que tomber de Charybde en Scylla à un rythme soutenu, et cela grâce à une traduction au cordeau du grand Pierre-Paul Durastanti.
Les enfants de la forêt aux rennes
Les enfants de la forêt aux rennes

Kristín ómarsdóttir

« Les soldats traversent une prairie verte sous un soleil à son zénith. » Ainsi s’ouvre « Les Enfants de la Forêt aux rennes » de Kristìn Òmarsdòttir, fraîchement paru aux éditions Zulma. Billie vit à la ferme aux rennes. Un soldat s’y installe. Ils s’apprivoisent. Elle, l’enfant qui s’entraîne à agir et parler comme une adulte, lui, adulte malgré lui qui réalise son rêve de devenir fermier. La guerre les entoure mais semble être tenue à distance, peut-être grâce à ce que Rafael enterre dans le jardin en disant à Billie d’aller se cacher dans le poulailler ? 
 « Les Enfants de la Forêt aux rennes » est une fable exceptionnelle, poétique, absurde, onirique, hilarante, portée par un style affranchi de toute norme. Cela pourrait être une pièce d’Henrik Ibsen, en coproduction avec David Lynch. Pour Mathilde, c’est un chef-d’œuvre.
Les fantômes de shearwater
Les fantômes de shearwater

Charlotte mcconaghy

Ballottée par des vagues implacables, je suis sortie sonnée de cette lecture qui m'a happée, malmenée, émerveillée, bouleversée. Larguez les amarres! Femmes, enfants, graines et baleines d'abord!
Diables blancs
Diables blancs

James robert baker

Los Angeles, années 90. Ruiné par l'échec cuisant du restaurant-concept imaginé par sa femme Beth, Tom Dunbar n'a d'autre choix que de se résoudre à vendre leur belle villa sur les hauteurs de la ville. Mais cela, Beth ne peut le concevoir. Non, il doit bien y avoir un moyen de se remettre à flot. Un nouveau best-seller de Tom? Un prêt de son richissime père? D'autres mensonges à la banque pour gagner un peu de temps? Rien de tout cela ne semble suffisamment immédiat pour lui faire ravaler ses angoisses. Mais qu'importe, Beth est une femme pleine de ressources, et elle a de la suite dans les idées... Au cours d'une nuit d'ivresse et de folie routinière, Beth amène son mari à élaborer avec elle le plus tordu et machiavélique des plans. Rien n'est laissé au hasard. Il n'y a plus qu'à faire entrer les protagonistes sur scène, les diriger habillement pour qu'ils fassent ce qu'on attend d'eux, et récolter le magot. Sauf que... Ce roman immoral au rythme infernal - Tom Dundar, bien installé dans sa bagnole, livre toute l'histoire à son magnétoscope - nous plonge dans les sombres manigances d'un couple au bord du gouffre. Beth et Tom, purs produits du rêve américain, contemplent la chute qui s'annonce du haut de leur villa hollywoodienne. Resté inédit depuis son écriture en 1993, "Diables Blancs" de James Robert Baker trouve enfin en Monsieur Toussaint Louverture un éditeur à la hauteur de son génie et s'apprête à déferler sur le monde. Paranoïaque, incendiaire et complètement jubilatoire !
Je suis romane monnier
Je suis romane monnier

Delphine de vigan

"Je suis Romane Monnier" est un livre troublant et captivant, juste, profondément touchant. Hier soir au bar, Thomas est reparti sans s'en rendre compte avec un portable qui n'est pas le sien. Après deux journées à sa recherche, il finit par retrouver sa propriétaire, et lui propose un rendez-vous pour faire l'échange. Mais à la surprise générale, Romane Monnier somme Thomas de le garder, elle n'en a plus l'utilité. Avant de raccrocher, elle lui demande son adresse pour lui faire envoyer son téléphone à lui. Thomas est sonné par cette brutale injonction à conserver un téléphone qui ne lui appartient pas. D'autant qu'en lui rendant le sien, elle lui a glissé un billet sur lequel figure le code de déblocage. Pourquoi cette femme ne souhaiterait pas récupérer son téléphone, qui semble presque neuf? Pourquoi, qui plus est, semble-t-elle vouloir s'en débarrasser à tout prix? Pourquoi sa voix était-elle pleine de colère au téléphone, une colère mêlée d'inquiétude? Pour Thomas, c'est le début d'une quantité de questions qui n'ont pas de réponse. Alors il cherche, fouille, commence à entrer dans l'intimité de cette Romane Monnier en parcourant ses messages, ses applis, ses historiques, ses contacts... Et bien rapidement, il apparaît évident à Thomas qu'elle ne s'est pas simplement débarrassée de son téléphone, elle voulait que ce soit lui qu'il l'ait… Commence alors une enquête personnelle aussi passionnante qu'étourdissante. On pense à Alain Damasio dans "Vallée de silicium". On pense à "GPS" de Lucie Rico. Delphine de Vigan ajoute sa pierre à cet édifice de grands textes qui explorent nos sociétés addict au smartphone, et sonde ses travers avec méthode, sans jugement, mais une lucidité percutante. Roman intime ou thriller psychologique, peu importe, le nouveau roman de Delphine de Vigan est une franche réussite !
Brèche
Brèche

li-cam

On s'engouffre dans la "Brèche" de Li-Cam. Demain, ou peut-être déjà aujourd'hui. Les démocraties occidentales se sont effondrées. L'une après l'autre, les "Ogres", ces trillionnaires aux égos malsains, ces puissants défigurés par le désir d'asservir, se sont emparés de tout. Ils ont brutalisé, opprimé, saccagé, jusqu'à ce que la pestilence recouvre tout. Dans son salon, la professeure Bella s'intéresse aux méthodes de Mussolini, alors que du dehors nous parvient l’écho de ses bottes noires. Le technofascisme est en marche. L’époque est dure, le constat terrifiant. Mais des poches de résistances ont su se barricader hors de ce chaos. Des quartiers, comme celui de Maisons-Neuves - où l'argent n'est rien face à l'entraide, où la justice sociale est reine, où le partage et l'empathie résolvent tout, où l'éducation et la curiosité sont revalorisées - redonnent espoir. Un espoir tangible, fonctionnel, un exemple concret de comment faire société sans rechercher la domination et le profit. Ici, on a cessé de croire à leurs promesses. Ici on n'est plus dupes: si l'avènement de l'ère de l'IA a rendu l'humanité esclave de sa propre boîte crânienne, alors il faut en sortir, ouvrir les yeux et voir toute la richesse qui est là, devant nous, dans la Vivante. La solidarité et l'imagination pour résister à leurs assauts et pour bâtir un monde qui tiendra, enfin, debout. Roman du changement radical, éminemment politique, écrit dans une langue aussi instable que puissante, ode à la débrouille et à l'entraide, "Brèche" est la parfaite radiographie de l'époque terrible que nous vivons. On en sort écœurées et révoltées. Mais comme tous les grands livres - car « Brèche » est un grand livre! - on en sort ragaillardies, avec la fougue et la force de continuer à résister, à repousser. « Brèche » de Li-Cam, édité par La Volte, vient de paraître, et il donne le ton. Gageons que Bella, Sibi, Nati, Ouarda et toute cette virevoltante communauté sauront nous inspirer.
Botanik
Botanik
« Botanik » de Grégoire Largey, Frank Crittin et Sébastien Pauchon Dans l’intimité feutrée de son laboratoire, l’éminente chercheuse Beatrix Bury vient d’élaborer une technologie qui permet de générer mécaniquement toutes sortes de végétaux. Plantes subtropicales, pommes de terre stellaire, mandarines d’Orion, le procédé ouvre une voie pour sauver le peuple Katbra, prisonnier d’une planète faite de métal rouillé et de vapeurs toxiques. C’est dans l’urgence d’un monde menacé d’extinction que la scientifique charge deux de ses meilleurs équipes de Méca-botaniciens de mettre en œuvre ses plans… qui sont parfois bien retors. Chaque équipe prend sa mission à cœur et le laboratoire de Beatrix est alors le théâtre d’une lutte acharnée pour produire la machine la plus performante. Promu à la tête d’une des deux équipes, il vous appartient de relever le défi ! Botanik est un jeu de stratégie à l’ambiance steampunk pour deux, très facile à prendre en main, avec une mécanique de jeu en plusieurs phases super agréable puisque chacune de vos actions influe directement sur le réseau de votre adversaire. C’est la petite découverte de ce début d’année et on l’adore !
Personne ne nous verra
Personne ne nous verra

Conor o'callaghan

« Personne ne nous verra » de Conor O’Callaghan: un roman qui tient la route ???? Paddy vient de tout plaquer. Fraîchement débarqué du ferry à Calais, il prend la route à bord d’un poids lourd. Avaler les kilomètres, avancer, rejoindre le sud de la France, voilà son but, voilà son obsession. Rien d’autre ne semble compter que de mettre de la distance avec sa vie passée. Celle d’avant l’événement. Alors que l’horizon s’ouvre pour Paddy, il découvre stupéfait qu’il n’est pas seul dans sa cabine: sa fille s’est invitée dans cet étrange voyage, bien planquée depuis le départ. Si de prime abord leurs échanges nous paraissent bien curieux et brumeux, comme une conversation en lambeaux, on se met rapidement à apprécier leur singularité. C’est qu’entre Paddy et sa fille, la connexion est telle que parler semble moins efficace que leurs échanges de regards, et leurs silences sont éloquents. Mais bien vite un trouble s’installe: que font-ils dans ce camion, à traverser ce pays étranger? que cherchent-ils à fuir? et pourquoi sa fille semblent tout mettre en œuvre pour ne pas être vue? Roman d’une renaissance qui s’arrache à l’usure, Paddy cherche, dans l’épuisement de la route, un cadre dans lequel se reconstruire, un espace dans lequel guérir une blessure qui l’engouffre. Mené par une écriture ultra contemporaine et poétique, de dialogues intenses (digne d’un Lars Norén) où la communication semble toujours sur le point de s’effondrer, Conor O’Callaghan livre un roman d’une grande sensibilité, à la fois huis clos tendu et déclaration d’amour écorchée d’un père à sa fille. Et surtout, un final inoubliable. « Personne ne nous verra » de l’irlandais Conor O’Callaghan, a paru chez Sabine Wespieser Éditeur en 2022. Malgré son titre, c’est un roman qui mérite d’être vu.
Trois fois la colère
Trois fois la colère

Laurine roux

« Quand l’ordre est injuste, le désordre est déjà un commencement de justice. » (Romain Rolland) Là où les hommes imposent leur pouvoir selon leurs propres intérêts et une visée à court terme, les femmes portent en elles l’intelligence du temps long, les cycles de vie-mort-vie, la patience des pierres, l’instinct animal, la force de vie du végétal. Rien d’étonnant à ce qu’elles se montrent garantes de l’équilibre du monde, même s’il faut pour cela endurer mille tourments, se rendre invisible et ressortir du bois pour couper une tête. Un roman percutant, cathartique, puissant.
« Quand l’ordre est injuste, le désordre est déjà un commencement de justice. » (Romain Rolland) Là où les hommes imposent leur pouvoir selon leurs propres intérêts et une visée à court terme, les femmes portent en elles l’intelligence du temps long, les cycles de vie-mort-vie, la patience des pierres, l’instinct animal, la force de vie du végétal. Rien d’étonnant à ce qu’elles se montrent garantes de l’équilibre du monde, même s’il faut pour cela endurer mille tourments, se rendre invisible et ressortir du bois pour couper une tête. Un roman percutant, cathartique, puissant.
Je pleure encore la beauté du monde
Je pleure encore la beauté du monde

Charlotte mcconaghy

D'une rare puissance, j'ai lu ce roman en apnée. Une profonde réflexion sur notre part d'animalité, sur la force de l'amour chez et entre tous les êtres vivants. Vertigineux!
Frappabord
Frappabord

Mireille gagné

Ce nouveau roman de la québécoise Mireille Gagné est une franche réussite. C’est fort, c’est tendu et surtout d’une originalité absolue. Entremêlant habilement un passé peu reluisant (une île aux larges côtes sur lesquelles de malsaines expériences ont été menées durant la seconde guerre mondiale...) et futur (où une canicule innattendue met toute une population sous extrême tension), Mireille Gagné signe un livre engagé et nécessaire sur notre besoin de nous relier au vivant. 

Une franche réussite!

Zébu boy
Zébu boy

Aurélie champagne

Ce roman est un roman absolu et grandiose. En un peu plus de 250 pages, l’écrivaine nous emporte dans un road trip en terres malgaches à bord d’une vieille Peugeot déglinguée, dans le retour au pays d’un jeune combattant, où les évocations amoureuses d’une mère et d’une culture riche et séculaire se heurtent tragiquement au chaos de l’histoire coloniale. « Zébu boy » est l’odyssée d’Ambila, un jeune homme charismatique et complexe, rarement épargné par le destin, mais qui lutte, entre en résistance, même avec une seule godasse au pied. Son périple est indescriptible tant il est mémorable. Tour à tour sensible, nerveux, poétique, tragique, émouvant, métaphysique et transcendantal - les 50 dernières pages achèvent de donner à ce roman la patine singulière des chefs-d’œuvre - ce livre inclassable est un roman total. J’espère qu’un jour, vous vous plongerez dedans et en ressortirez tout aussi bouleversé•e et transpercé•e, ébloui•e et changé•e que je l’ai été, comme seuls les grandes œuvres sont capables de le faire.
Les habitantes
Les habitantes

Pauline peyrade

Je suis persuadé que vous allez adorer ce roman, parce qu’il se passe dans une vallée opulente qui pourrait être la nôtre, pleine de ronces sauvages, de rivières sereines et de fourmis en promenade, parce que l’écrivaine y déploie une écriture du soin et du lien, apaisante, organique et minutieuse, parce qu’on y goûte les mots, leur texture et leur croquant, parce que la menace qui s’insinue sous la porte apporte la juste dose de tension pour vous le rendre encore plus génial, et parce que même si Emily trébuche, même si Emily se laisse gagner par la peur, elle a le courage de tendre la main pour demander du soutien. Et en fin de compte, il se pourrait bien qu’elle finisse souveraine. « Les Habitantes » est le second roman de Pauline Peyrade et il est juste somptueux. Une rencontre avec l'écrivaine est prévue le vendredi 27 mars à 18h30.
Roca pelada
Roca pelada

Eduardo fernando varela

Ce roman est ma petite boite de vitamines ! S'il brille par sa loyauté envers sa patrie, le garde-frontière Costa est pourtant loin d'être une lumière ! Ayant la fâcheuse tendance à exagérer l'importance de sa mission, il s'emmêle les pinceaux dès qu'il entreprend la moindre escarmouche contre l'ennemi. C'est qu'à 4950m d'altitude, les conditions extrêmes rendent le quotidien difficile, au point d'altérer les sens et de distordre la logique des choses – il se pourrait même qu'en définitive, l'ennemi n'en soit pas un. Et le jour où de curieux monticules de pierres apparaissent dans le paysage, tout fout le camp, pour notre plus grand plaisir. Quand elles ne sont pas en train de régler leurs différends lors de matchs de foot complètement surréalistes, les officiers de la frontière nous offrent de beaux moments d'humanité. Avec au centre un duo comique inoubliable: Costa et son caporal Quipildor, qui passe son temps à provoquer et énerver son supérieur. Roca pelada un roman frais et génialement drôle : il y a du Gabriel Garcia Marquez dans ces lignes, et c'est savoureux.
à travers la nuit
à travers la nuit

Joanna lorho

Si douce, si délicate, « A travers la nuit », la nouvelle bande dessinée de Joanna Lorho est comme un baume apaisant, comme un refuge, un cocon douillet dans le secret d’une clairière baignée de lumière. Quelle belle manière a cette guillerette bande d’ami•es de célébrer la vie et le souvenir d’une personne aimée et disparue, plutôt que de laisser la tristesse et la perte les étouffer. « A travers la nuit » célèbre la force des liens amicaux lorsqu’ils sont mis à mal par l’incompréhension. C’est beau à vous arracher quelques larmes, mais c’est un petit prix à payer pour tant de beauté. « Faute de savoir si on doit faire sans toi ou avec ton absence, il faut bien que l’on parvienne à traverser cela d’une manière ou d’une autre… Accueillir en nous cette sensation inconnue et inconfortable de ne pas savoir, de ne peut-être jamais pouvoir comprendre. Mais nous ne sommes pas seul•es. Tout nous rappelle ta présence. » « A travers la nuit » de Joanna Lorho aux éditions L’Employé•e du moi, chaudement recommandé par Thibault
Le garçon venu de la mer
Le garçon venu de la mer

garrett carr

Emouvant et lumineux, "Le Garçon venu de la mer" nous immerge au rythme des saisons dans le quotidien d'une petite communauté de pêcheurs, au large des côtes irlandaises. Cette saga, qui se déroule sur près de deux décennies, est une magnifique histoire pleine d'humanité : on s'y love avec douceur, souhaitant qu'elle ne s'arrête jamais. Un grand coup de cœur de Thibault
White city
White city

Dominic nolan

Cartographie ultra-réaliste de Londres au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, WHITE CITY m'a fait l'effet d'une bombe. C'est bien plus qu'un roman policier, bien plus qu'un roman historique, c'est une plongée dans les bas-fonds londoniens où se côtoient la pègre locale, véritable cancer de la ville, la brigade fantôme de Scotland Yard, et de jeunes citadins, tristement mêlés au braquage d'un fourgon postal. C'est immersif, c'est enivrant. C'est tentaculaire et complètement génial.
La maison vide
La maison vide

Laurent mauvignier

Laurent Mauvignier, auteur des chefs-d'oeuvres "Histoires de la nuit", "Dans la foule" ou "Apprendre à finir", signe ici un roman intime d'une grande force. Sa phrase, inimitable, si parfaite, devrait lui valoir, enfin, un prix Goncourt plus que mérité.
L'entroubli
L'entroubli

Daelman thibault

« Ce chemin n’est qu’à l’aube. Aube, d’abord, de nous-mêmes, patraques, engourdis, alourdis de cartables, marchant machinalement du rêve au jour qui vient. Lueur générale. N’être ni à la pluie ni au soleil imminent, pas même encore à la ville, mais qu’à l’air libre qui emprunte fraîchement les poumons comme on emprunte l’espace, suivant notre mère à trop vive allure, à l’aveugle, contemplant de même les rues connues du ciel changeant, rose par endroits, beau par moments, à envier les clochards pour leur sommeil et leur liberté, habitants du dehors qu’on parcourt et dont, bientôt, on nous prive. » A la lecture de ce livre, je suis resté bouche bée. Mais vraiment. Comme ça arrive très rarement. L’écrivain nous plonge dans la vie d’un jeune homme de sa naissance à ses 18 ans. Simple en apparence, mais Thibault Daelman le fait avec une sincérité folle et une langue saisissante - une langue qui déjà, n’appartient qu’à lui. Une espèce de perfection, un alliage unique de technicité et de souplesse. Chaque phrase hurle une urgence de vivre et de raconter. On ne peut que se résoudre à l’évidence même, face à tant de beauté : « L’Entroubli » est un petit chef-d’œuvre. La première pierre d’un édifice qui nous dépasse. J’ai l’intime conviction que ce livre aura un destin fabuleux et que le cycle qu’initie Thibault Daelman avec « L’Entroubli » est appelé à devenir un monument de la littérature contemporaine. C’est en tout cas tout ce que je lui souhaite.
Rouge signal
Rouge signal

Laurie agusti

Une bande-dessinée dont les planches colorisées à la gouache ont été passées à la douche, ça vous tente? La lecture de « Rouge Signal » de Lauri Agusti m’a bouleversé. Par plusieurs effets de miroir, l’auteure nous plonge dans le quotidien d’Alexandre, un homme en pleine crise intérieure : parce qu’il ne rencontre pas de succès auprès des femmes, Alexandre va se laisser séduire par des discours masculinistes de plus en plus violents et insidieux - en scrollant sur les réseaux sociaux, en cherchant conseil auprès de prétendus coachs en séduction. Il est toujours plus facile d’accuser l’autre et de se faire passer pour la victime, et Alexandre va littéralement se vautrer dans ce rôle - il n’y a qu’à regarder un peu l’actualité pour voir combien cette stratégie est bien rodée et tristement efficace. Laurie Agusti nous propose avec « Rouge Signal » le parcours terrifiant d’une radicalisation, du parcours ignoble d’un homme qui va déchainer les enfers contre un groupe de femmes tenant une onglerie en bas de chez lui. C’est terrible, c’est glaçant. On s’interroge sur l’évolution d’une pensée si abjecte, sur le pouvoir des réseaux sociaux sur des personnes socialement isolées - réseaux qui ici deviennent de véritables incubateurs aux discours haineux, de viviers de sociopathes. C’est flippant et ça a le mérite de sonner l’alarme, de réveiller notre vigilance citoyenne. Heureusement, on trouve dans cette histoire beaucoup de lumière émanant d’Evi, Lulu, Marley et Clara, qui tiennent une onglerie de quartier, boutique qui est un refuge, un espace où la parole est libre et bienveillante, où l’écoute est attentive et réconfortante, où l’entraide est une philosophie, où l’on donne du sien pour épauler les personnes dans le besoin. Et si ça passe « seulement » par une manucure ou des ongles fraichement peints, c’est déjà quelques couleurs en plus dans ce ciel menaçant. Chapeau bas Laurie Agusti pour cette éclatante réussite.
Quantika
Quantika

Laurence suhner

An 2310. A 6,5 années-lumière de la Terre. Au sein du système Alta Mira, la planète Gemma vient d’accueillir sur son sol gelé une équipe scientifique ayant mis près de 17 ans à la rejoindre. Pourquoi ces humain•es ont-iels effectué un si long voyage sans retour ? Le Grand Arc, cet artefact colossal, ce vaisseau gigantesque qui surplombe la planète, y est certainement pour quelque chose - brillament illustré par Manchu. Parmi cette équipe, Ambre Pasquier, une exobiologiste passionnée, voit rapidement ses recherches altérées par des voix étranges lui provenant des profondeurs glacées... et ce nom, mystérieux et excitant, revenant comme une sombre mélodie : celui des Batisseurs... « QuanTika » (rien que ce titre déjà!) est peut-être ce qui a été écrit de plus ambitieux dans la science-fiction francophone - une trilogie (2012-2015) de plus de 1.600 pages. Mêlant planet-opera et hard-SF, mysticisme et premier contact, QuanTika est une implacable aventure humaine. Laurence Suhner, avec brio, minutie et méticulosité, a doté la science-fiction francophone d’une de ses pierres angulaires - pour moi en tout cas, qui l’ai découvert sur le tard (en 2022), cela a été une rencontre des plus mémorables ! Le bonus ultra-canon : Laurence Suhner a accepté notre invitation au prochain Salon du Livre de Colmar (22 et 23 novembre). L’occasion de découvrir cette écrivaine et de parler de son œuvre (qui en plus de « QuanTika », compte le recueil de nouvelles « Le Terminateur » et la duologie « Ziusudra ») sur le stand de la librairie ou lors de sa conférence, qu’elle donnera avec d’autres écrivain.es dont on vous parlera plus tard. Alors, on embarque pour Gemma?
Je pense que j'en aurai pas
Je pense que j'en aurai pas

Catherine gauthier

Un témoignage lucide et touchant d’un questionnement sur la maternité, ses injonctions sociétales, familiales, la remise en question de cette destinée féminine. Une autrice québécoise au dessin hyper réaliste à découvrir.
Vosges - le massif du vu ciel
Vosges - le massif du vu ciel

Tristan vuano, damien parmentier

Le nouveau magnifique livre de Tristan Vuano et Damin Parmentier : Vosges : Le Massif vu du ciel. Superbe !
Ce que nous sommes à la fin, des enfants sauvages
Ce que nous sommes à la fin, des enfants sauvages

Denis infante

Si l'on avait encore un doute sur son génie langagier, voilà la confirmation que Denis Infante est un créateur hors du commun. Après avoir donné voix avec brio à une renarde dans un monde post-humains ('Rousse ou Les beaux habitants de l'univers'), Denis Infante réussit haut la main le pari presque impossible d'interpréter avec une justesse cinglante un ado empêtré dans un magma détonnant d'hormones, de rébellion, de rêves, de doutes, de soif de justice. Coincé entre l'ennui et les ennuis au lycée, sa mère et sa petite sœur de deux ans, la crinière éblouissante et inatteignable de Galatée, et les caïds qui la tiennent prisonnière, Arthur trouve le courage d'avancer grâce à la puissance des vagues, à la force tranquille de son ami Raw, et à la découverte du théâtre, qui va allumer une étincelle d'une intensité rare et prometteuse.
Vilnius poker
Vilnius poker

Ričardas gavelis

Découvert lors de sa première parution en 2015, Vilnius Poker est sans doute le roman le plus profond, vertigineux et marquant que j’ai pu lire dans ma vie. Roman polyphonique à quatre voix, qui sont autant de versions d’une même histoire qui se répondent et se confrontent pour tenter de démêler le vrai du faux, la réalité du fantasme, la raison de la folie. Au centre de ces 550 pages hallucinées et de haute voltige littéraire se trouve un homme, Vytautas Vargalis, rescapé du goulag. Un homme simple employé comme petite main dans une bibliothèque de la capitale lituanienne. On est dans les années 70, et aucune activité n’est innocente sous le ciel stalinien. Rapidement une vérité terrifiante s’impose à lui : Vytautas est un homme qu’on a pris en chasse… Époustouflant roman sur la liberté et son coût exorbitant, Vilnius Poker, longtemps épuisé, est enfin réédité. Et on ne peut que se réjouir de voir un tel chef-d’œuvre vivre de nouveau.
Trois fois la colère
Trois fois la colère

Laurine roux

« Quand l’ordre est injuste, le désordre est déjà un commencement de justice. » (Romain Rolland) Là où les hommes imposent leur pouvoir selon leurs propres intérêts et une visée à court terme, les femmes portent en elles l’intelligence du temps long, les cycles de vie-mort-vie, la patience des pierres, l’instinct animal, la force de vie du végétal. Rien d’étonnant à ce qu’elles se montrent garantes de l’équilibre du monde, même s’il faut pour cela endurer mille tourments, se rendre invisible et ressortir du bois pour couper une tête. Un roman percutant, cathartique, puissant.
« Quand l’ordre est injuste, le désordre est déjà un commencement de justice. » (Romain Rolland) Là où les hommes imposent leur pouvoir selon leurs propres intérêts et une visée à court terme, les femmes portent en elles l’intelligence du temps long, les cycles de vie-mort-vie, la patience des pierres, l’instinct animal, la force de vie du végétal. Rien d’étonnant à ce qu’elles se montrent garantes de l’équilibre du monde, même s’il faut pour cela endurer mille tourments, se rendre invisible et ressortir du bois pour couper une tête. Un roman percutant, cathartique, puissant.
Mona
Mona

Aurélie champagne

Pour celleux qui ne connaîtraient pas encore Aurélie Champagne, c’est l’autrice de « Zébu Boy », un premier roman époustouflant paru en 2019 chez Monsieur Toussaint Louverture. En ce vendredi 13, elle ouvre le bal d’une nouvelle maison d’édition, Esquif, qui ne publiera que des nouvelles inédites, dans un format pétillant, idéal pour les moments où l’on a peu de temps pour lire.???? MONA. Qu’en dit l’éditeur? « Elle, c’est la narratrice. Sa collègue Flora cumule les petits boulots et ne rêve plus bien loin. Ensemble, elles tiennent le snack d’un parc à jeux d’intérieur où, week-end après week-end, s’ébattent des hordes d’enfants criards et survoltés. Dans ce jus de routine 100% synthétique débarque un jour une fillette sombre et taiseuse. »???? MONA est l’histoire d’une perte, mais pas celle dont on pourrait croire de prime abord. C’est plus subtil, plus profond, bien enfoui. MONA nous parle de ces blessures qu’on subit et dont on ne guérit pas comme on le souhaiterait, celles qui s’obstinent à nous empêcher. MONA nous parle de choix. MONA nous parle des façons d’être mère de, d’être fille de, ou de ne pas l’être. MONA parle des rêves délavés, du temps qui nous échappe. ???? Mais MONA nous parle surtout de la beauté qu’on trouve dans l’altérité, dans la rencontre de l’autre. MONA, en définitive, est un geste altruiste d’espoir et de bienveillance. Le tout porté par l’écriture si sensible et colorée d’Aurélie Champagne. Je vous l’avais dit, que j’avais une bonne nouvelle pour vous. « La vérité est qu’on ne vit que sous peine d’oublier. Qu’en remplaçant les souvenirs par d’autres souvenirs. Pour que le monde devienne habitable. Que la petite oublie et que la vigne s’épanche. Qu’il se pourrait bien qu’existent diverses façons d’attendre un enfant. Et qu’en dernier recours, l’arrière d’une Punto ne soit pas le pire endroit. »
Martha ou jamais
Martha ou jamais

Lune vuillemin

« La lumière passe à travers le vol Stop Comme de la dentelle Stop Que faire Stop » Je ressors à chaque fois de l’écriture de Lune Vuillemin dans un état fébrile, quelques brindilles ou plumes dans les cheveux, le souffle un peu court et le cœur agrandi. Comme dans “Border la bête” (éditions de la contre-allée), la magie opère. Les mots sont purs, m’émerveillent comme s’ils étaient vivants, sauvages, nourris par l’humus, le vent et les migrations. “Martha ou jamais”, c’est le récit sensible de la folie meurtrière des hommes, de la lucidité des femmes et de leur force sacrificielle pour que perdure la vie sur le temps long. C’est déchirant, révoltant, mais d’une beauté absolue, fascinante comme une murmuration. « J’écris ‘quelque chose se noue’, pourtant je sens depuis le printemps dernier comme une béance agréable à l’intérieur de moi. Une petite fenêtre dans la poitrine qui s’ouvre lorsque je marche dehors ou que j’inspire l’air tiède du potager. Une fenêtre par laquelle s’imiscent de grandes inspirations. Parfois elles prennent la couleur d’un chardonneret, parfois la vivacité d’une levée de vent. »
Les grandes oubliées - pourquoi l'histoire a effacé les femmes
Les grandes oubliées - pourquoi l'histoire a effacé les femmes

Titiou lecoq, marie dubois

L’adaptation d’un des livres les plus importants de la décennie ! Une fresque historique de la plus grande manipulation du patriarcat depuis des siècles : invisibiliser, rabaisser, faire taire, empêcher les femmes. L’humour des autrices permet d’adoucir la rage de tant d’injustice, c’est instructif, pédagogique et militant.
Rousse ou les beaux habitants de l'univers
Rousse ou les beaux habitants de l'univers

Denis infante

Un conte d’une beauté hors du commun, qu’on aimerait lire à un enfant pour l’encourager à découvrir le monde. Un style inouï, qui nous pousse à prendre la route dans les travers de Rousse. “Existence fragile et brève comme jour, mais force de vie dure et solide comme temps.”
Brutes
Brutes

Dizz tate

Thibault s’est laissé malmener par l’euphorie adolescente des « Brutes » de Dizz Tate, aux éditions de l’Olivier. Quartier résidentiel de Falls Landing, Floride. Ce soir, les façades des maisons se teintent d’un bleu électrique inhabituel. Les gyrophares des patrouilles de police sèment la confusion, on se presse aux fenêtres, les téléphones sonnent et rapidement la rumeur se répand : Sammy Liu-Lou, quatorze ans, a disparu. Alentours, un lac sombre semble retenir une vérité terrible, un chantier ravagé par les ouragans abrite rôdeurs et créatures nocturnes, une voie rapide qui emporte toutes les rumeurs, des barres d’immeubles dans lesquelles on élabore des échappatoires à cette réalité morose. C’est dans ce décor poisseux et synthétique qu’est la Floride que l’on découvre Leila, Britney, Jody, Christian, Isabel et la petite Hazel, jeunes collégiennes incandescentes et pleines d’aplomb, se dissolvant dans un même élan vital et brutal, observent tout, scrutent chaque faits et gestes du voisinage. Livrées à elles-mêmes par des pères démissionnaires et des mères qui se perdent dans les radotages et les vapeurs de leurs cocktails, elles rêvent d’un avenir scintillant et de plus de couleurs dans leur ciel. « On avait oublié d’être bêtes. On lisait la Bible et des contes de fées, on regardait les infos, nos mères nous éduquaient de façon à nous mettre du plomb dans la cervelle. On savait que rien n’était donné dans ce monde. On savait que l’amour, ça se travaille, et on se faisait le serment de ne pas lésiner sur les efforts. On savait que changer, ça implique de prendre des risques et, très probablement, de souffrir. » Quelque part entre « The Florida Project » et « Little Miss Sunshine », Dizz Tate pulvérise les registres et nous impose ses tendres brutes dans un premier roman désinvolte, fougueux, et incandescent. En lice pour le Prix Médicis étranger ????
Celui qui ment le premier
Celui qui ment le premier

Ashley elston

Quel roman addictif ! Laissez-vous embarquer dans le fil de ce thriller d'espionnage rempli de rebondissements saisissants. Faites la rencontre de Evie Porter et de ses multiples autres identités et vous ne pourrez pas vous empêcher de l'apprécier et de l'accompagner au gré de sa mission et de ses plans brillants. Certains chapitres incorporés dans le récit principal nous racontent d'anciennes missions avec des indices nous menant à cette fameuse infiltration dans la vie de Ryan. Soyez donc attentif à tous les détails ! Entre manipulations, trahisons et secrets, ce polar saura vous mener brillamment à travers des fausses pistes, des révélations inattendues et un suspense insoutenable. Soyez prêts à vous coucher tard, car vous ne pourrez pas lâcher ce livre avant l'exceptionnel dénouement final !
L’invitée surprise
L’invitée surprise

Alison espach

Mettez vos plus beaux habits et venez assister à ce mariage des plus réjouissants entre un humour piquant et des personnages fascinants ! Vous allez rire, vous allez pleurer, bref, les émotions seront au rendez-vous. Vous serez touchés par certains protagonistes, exaspérés par d’autres, vous allez rencontrer un grand panel de personnalités toutes plus différentes les unes des autres et vous allez vous régaler comme devant un buffet de mariage. Vous dégusterez les dialogues hilarants comme des petites dragées et vous danserez au rythme de l’écriture fluide et légère d’Alison Espach. A la fin de ce roman, vous n’aurez qu’une envie, avoir un livre d’or devant vous pour écrire à quel point vous avez aimé cette histoire !
Tout l'or des nuits
Tout l'or des nuits

Gwendoline soublin

Sourire service bonjour ! « Elle s’était laissée aspirer par la nuit que le cadre rigoureux de la fenêtre de la cuisine ne contenait plus tant l’obscurité débordait. »???? Le premier roman de la dramaturge Gwendoline Soublin est pour moi l’une des réussites littéraires de l’année. Avec une langue orale et poétique, fraîche et puissante, l’écrivaine explore la difficile traversée du deuil d’une jeune femme qui s’efface, de sa lutte pour continuer à mettre un pied devant l’autre jour après jour, et celle aussi pour reconquérir ses vrais souvenirs - quand votre mémoire s’embarque dans une croisade pour embellir et arrondir les angles d’un amour asymétrique.???? A la faveur d’une nuit de printemps, guidée par un imposant compagnon poilu, Clara va découvrir que sa réalité est elle aussi fragile et friable, qu’elle peut se fissurer et laisser s’immiscer des présences inexplicables, des visions exotiques, des événements troublants qui sont autant d’appuis vers le chemin de la guérison et l’apaisement, vers une aube lumineuse.???? Glissant habilement d’un réel hyper concret vers un réalisme magique des plus convaincant, Gwendoline Soublin signe avec « Tout l’or des nuits » un premier roman surprenant et profondément touchant.
Hexa
Hexa

Gabrielle filteau-chiba

Gabrielle Filteau-Chiba est une pionnière engagée et inspirante. Un exemple à suivre. Porte-parole de nos forêts et de nos libertés en danger, l’écrivaine québécoise dépeint dans « Hexa » des visions dystopiques glaçantes - un futur proche vers lequel on semble tout droit foncer… - mais où l’espoir peut toujours renaître de quelques graines ou de la volonté d’une poignée de femmes. Franchissez avec nous le Mur de la Cité de Sainte-Foy. Ces graines d’espoir, ce sont notamment Sandrine et sa fille Thalie, gonflées de conviction et de détermination, qui vont prendre le temps de les semer, les faire germer, les protéger pour que la vie reparte et s’épanouisse. « Hexa » est un appel à la désobéissance et à la sororité, mais c’est surtout un roman incroyablement inspirant, une écriture mordante et généreuse, un dépaysement merveilleux. On en sort avec la conviction qu’il n’est pas trop tard. Alors foncez !
Ceux qui appartiennent au jour
Ceux qui appartiennent au jour

Emma doude van troostwijk

Oh que ce titre est beau et doux : "Ceux qui appartiennent au jour. Premier roman de l'écrivaine, ce magnifique texte vous invite dans le quotidien et l'intimité d'une famille de pasteur.es. Entre les lignes se joue le drame silencieux de la mémoire qui s'émiette et avec le risque de voir les histoires disparaître avec. Subtil, pudique et lumineux, le premier roman d'Emma Doude van Troostwijk est une grande réussite. De quoi ça parle: Lors d'un séjour dans sa maison d'enfance, la narratrice observe ses proches, une famille de pasteurs néerlandais installés en France depuis plusieurs années. Elle évoque le grand-père qui perd la mémoire, le père fatigué, le fils qui ne sait pas s'il doit suivre la vocation familiale en devenant pasteur à son tour. Prix Robert Walser 2024, prix Francoise Sagan 2024. Premier roman.
La maison noire
La maison noire

Yusuke kishi

Le vieux, la méchante et les autres - d’r àlt, d’bees frau un àlli àndera
Le vieux, la méchante et les autres - d’r àlt, d’bees frau un àlli àndera

Pierre kretz

Tout récemment, les éditions La Nuée Bleue ont fait paraître "Le vieux, la méchante et les autres" écrit en bilingue simultané alsacien/français et réunissant deux nouvelles exquises : dans "En attendant Théo", on suit le cheminement mélancolique des pensées du Vieux Sepp, assis sur un banc aux abords du Sup'r U, alors que le soleil décline dans le ciel d'Alsace ; dans "Je suis une méchante femme", on sillonne entre l'espièglerie crasse et la nostalgie écrasante de la Schààdafraid Thérèse. Mais peu à peu le rideau tombe, et c'est avec une vive émotion que l'on découvre que sous cette patine de méchanceté assumée se cache en vérité une femme blessée. "M'r kànn bees sen un trotzdam àngscht hà. Dess weiss ich zetter sallera nàcht. / Depuis cette nuit-là, je sais qu'être méchant ne vaccine pas contre la peur." Un petit régal que ce recueil !
Triangle noir
Triangle noir

Niko tackian

Plongez au cœur de la forêt des Vosges, dans une enquête sombre et inquiétante, mêlant meurtres d'adolescents et secte...

Dans ce thriller, nous suivons Max et Pierre, personnages à la fois attachants et uniques, qui enquêtent chacun de leur côté, nous dévoilant subtilement les élèments de l'intrigue au fur et à mesure. 

Cette dernière est très bien menée, avec un suspense efficace et cette petite touche d'étrange que j'adore et si caractéristique des romans de Niko Tackian. 

Nina

Les carnets de l'apothicaire t01
Les carnets de l'apothicaire t01

Natsu hyuuga, itsuki nanao

J'avais beaucoup entendu parler de cette série et on me l'avait conseillé un nombre incalculable de fois. 

Et bien, je ne suis pas déçue ! 

Les illustrations sont super belles et l'histoire passionnante. Avec quelques touches d'humour et de culot, Mao Mao est un personnage attachant qui se révèle, par moments, très charismatique...

Ce premier tome est prometteur et donne terriblement envie de lire la suite ! 

Nina

âge d'orage
âge d'orage

Sylvie pérenne

Lutxia est une jeune femme qui est entrée dans la vie adulte de façon bien difficile, accumulant désillusions dans un monde à l'horizon bien trop étroit à son goût. Si jusque-là, elle tenait avec la boxe, un jour, elle étouffe, et s'embarque dans un train pour des paysages plus apaisants.

« C’est l’âme à poil et les joues striées de larmes séchées que le train la vomit sur le quai de la gare de Munster. Telle une volée de moineaux, les voyageurs s’éparpillent, la laissant seule sous le ciel bleu vacance. Le calme lui saute au visage, l’écrase. Les montagnes l’encerclent, imposantes, vertes, de prés. Son téléphone vibre […] Elle remet l’appareil dans sa poche. Elle est loin déjà. Trop loin pour répondre. »

La fuite débute, et c'est dans les forêts vosgiennes qu'elle va tenter de se reconnecter au monde, mais surtout à elle-même. Le premier roman de Sylvie Pérenne, léger et sensible, est à découvrir à la librairie Carpe Diem.

La fin du sommeil
La fin du sommeil

Paloma de boismorel

"Comment prétendre mourir d'un cancer et manger autant de pains au chocolat?"

 
J'ai ri. Beaucoup, et bruyamment.
Le premier roman de Paloma de Boismorel est un régal d'inventivité langagière qui dépoussière la comédie dramatique et nous rappelle que si mentir aux autres peut-être facile, se mentir à soi même est une tout autre paire de manches.

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"Comment prétendre mourir d'un cancer et manger autant de pains au chocolat?"
 
J'ai ri. Beaucoup, et bruyamment.
Le premier roman de Paloma de Boismorel est un régal d'inventivité langagière qui dépoussière la comédie dramatique et nous rappelle que si mentir aux autres peut-être facile, se mentir à soi même est une tout autre paire de manches.
La maison des soleils
La maison des soleils

Alastair reynolds

Alastair Reynolds signe avec La Maison des Soleils son chef d'œuvre, un space opera démesuré, intelligent et exigeant dans sa construction, riche de sous intrigues détonnantes, de réflexions acerbes sur l'Histoire, la mémoire ou encore notre rapport à l'altérité.

Mais surtout, il écrit la remarquable histoire de Purslane et Campion et de leur lignée : des personnages que l'on quitte avec regret malgré une fin d'une beauté apaisante (et si les personnages vous manquent, vous pouvez les retrouver dans la novella "La Millième Nuit").

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Alastair Reynolds signe avec La Maison des Soleils son chef d'œuvre, un space opera démesuré, intelligent et exigeant dans sa construction, riche de sous intrigues détonnantes, de réflexions acerbes sur l'Histoire, la mémoire ou encore notre rapport à l'altérité.
Mais surtout, il écrit la remarquable histoire de Purslane et Campion et de leur lignée : des personnages que l'on quitte avec regret malgré une fin d'une beauté apaisante (et si les personnages vous manquent, vous pouvez les retrouver dans la novella "La Millième Nuit").
Les règles du mikado
Les règles du mikado

Erri de luca

« Être vieux c’est comme bivouaquer tout en haut du bois, là où les arbres sont moins denses et là où il y a plus de lumière. »

« Il faut une langue dans laquelle se réfugier. La mienne est le napolitain, quelques syllabes suffisent à me calmer. »

Le nouveau roman d’Erri de Luca est une invitation au pétillement de l’inattendu

Qui se souviendra de phily-jo ?
Qui se souviendra de phily-jo ?

Marcus malte

Marcus Malte, en état de grâce absolue, signe un grand roman débordant d'inventivité et de générosité, brouillant la frontière entre la fiction et la réalité, et porté par des personnages mémorables.

Vous laisserez vous manipuler par l'écrivain ? Restez sur vos gardes !
 

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Marcus Malte, en état de grâce absolue, signe un grand roman débordant d'inventivité et de générosité, brouillant la frontière entre la fiction et la réalité, et porté par des personnages mémorables.
Vous laisserez vous manipuler par l'écrivain ? Restez sur vos gardes !
Rousse - les beaux habitants de l'univers
Rousse - les beaux habitants de l'univers

Denis infante

Un conte d’une beauté hors du commun, qu’on aimerait lire à un enfant pour l’encourager à découvrir le monde. Un style inouï, qui nous pousse à prendre la route dans les travers de Rousse.

« Existence fragile et brève comme jour, mais force de vie dure et solide comme temps. »

Sahara, le samouraï aux fleurs
Sahara, le samouraï aux fleurs

Shibata yusaku

Dans ce one shot, nous suivons la quête d'un samouraï solitaire, qui accompagne une jeune fille transportant les cendres de son père. Dans une ambiance post-apocalyptique, montrant les ravages de la technologie sur la nature, retrouvez un beau récit avec un peu de poésie et d'humour.

Une invitée particulière
Une invitée particulière

Nelle lamarr

Ce thriller est rempli de suspense, du début, à la fin. Nous découvrons des personnages touchants, auxquels on peut aisément s'identifier. Le petit plus, ce sont tous les secrets de la famille que l'on découvre avec stupeur au fur et à mesure. Ils sont très bien amenés, les pièces du puzzle se mettent doucement en place et nous donnent envie d'en lire toujours plus, jusqu'à la superbe révélation finale !

Ceux qui appartiennent au jour
Ceux qui appartiennent au jour

Emma doude van troostwijk

Oh que ce titre est beau et doux.
Premier roman de l’écrivaine, ce magnifique texte vous invite dans le quotidien et l’intimité d’une famille de pasteur.es. Entre les lignes se joue le drame silencieux de la mémoire qi s’émiette et avec le risque de voir les histoires disparaître avec… C’est un roman subtil, pudique et lumineux. C’est une grande réussite !